Repas en famille

Le repas de Noël traditionnel

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Au programme de la météo de ce Noël, il y a eu des giboulées de foie gras, des pluies de moules dans le gosier et une ribambelle de fromages. Retour sur ces plats qui ont tapissé nos organes internes d’une épaisse couche d’aliments redoutés.

Entrez, vous serez dedans

Après 2 bises pour la majorité des français mais 4 pour les Bretons et même 4 (plus un verre de rosé) pour les Mayennais, l’antre des festivités était prête à accueillir les horribles affamés que vous étiez et qui ont à peine remercié les Cyril Lignac de la soirée pour leur travail pharaonique, pendant que le sommelier était adulé pour avoir ouvert ses bouteilles l’air connaisseur. Mais c’était de la piquette Jack ! Dîtes merci, ça ne mange pas de pain.

Si vous avez entre 13 et 16 ans, vous n’y avez pas échapperé : tonton vous a proposé un petit apéritif, l’air complice, la main sur les fesses en criant « bah faut bien commencer ! ». Votre mère s’est offusquée mais votre main a malicieusement prise le verre, avec un hochement de tête approbateur de papa. Entre temps, votre sœur aura eu le temps de mettre tout le monde au courant que vous piquiez discrètement des bières dans la cave de votre paternel pour les partager avec vos amis du quartier (vos garçons sûrs comme vous aimez les appeler).

Ce même tonton était déjà à 2 grammes après l’entrée et grimpait progressivement dans les abysses de l’alcool, avec un pic à chaque trou normand. Pourvu qu’il n’ait pas été désigné pour jouer le Père Noël, son haleine le trahirait.

Les moules et huîtres se sont étalées rapidement sur la table pour imprégner meubles, rideaux et sol de l’hôte pour les 3 jours qui ont suivis.

Le bonheur débordant s’est exprimé par des joues joufflues rouges et des rires à gorges déployées. Une harmonie qu’il est si bon de retrouver, le temps d’une soirée où tous les maux s’apaisent. Qu’importe comment a terminé tonton, tant que tata était aussi bourrée.

Les papilles font de la résistance

Après une première partie de repas bourrative, déjà équivalente au 6 précédents repas en termes de calories, est arrivé le plat principale. A une heure où maman est normalement déjà couchée, les assiettes ont réfléchies les lumières vers les fronts luisants des tontons dégarnis. Elles ont éclairé les soleils que vous êtes. Vous faites bien parti des astres, dans tout ce désastre.

Papi se frisait les moustaches pleine de jus et était bien le seul autour de la table à encore avoir faim. Une faim sans fin qui a alimenté les flatulences post-repas.

Après deux patates, les plus jeunes sont allés devant la télé telle une soirée normale. Les patates étaient peut-être trop forte, une simple gifle aurait sûrement suffit. Ébahis par les cascades lors des zappings, ils se sont endormis avant de se réveiller en fanfare quand les adultes, eux, tombaient dans les bras de Morphée.

Vous reprendrez bien du dessert ?

Clou du spectacle au moment du digestif quand tonton (décidément quelle plaie ce tonton) a élu comme sujet de conversation la politique. Un sujet fâcheux qui l’a fait monter sur ses grands chevaux. Il a ensuite rapidement enchaîné sur ses conditions de vie difficile, lui qui pourtant gagne mieux sa vie que tout le monde dans l’audience.

Arrivée une certaine heure, ni les hôtes ni les invités n’avaient de place pour ingérer quoi que ce soit. C’est alors que les refus pour reprendre une part de gâteau s’enchaînaient, sauf du côté de papy qui voyait son taux de cholestérol grimper en flèche. Dans un état de satiété et épuisés par les forts rires de la table, tout le monde s’en est allé. Rendez-vous était pris pour l’année suivante ou pour 7 jours après. La nourriture sera la même, tout comme les conversations.