Le basket, réussite flamboyante ou échec cuisant

Mon frère, ce basketteur

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Que ce soit un frère de sang ou un bro d’amitié, on connait tous un basketteur. Par goût de l’ironie, on se plait tous à l’idéaliser comme la future star en sachant très bien que la D3 est suffisante pour lui. Mais la frontière avec ceux qui peuvent réellement percer est parfois mince…

Droit vers le succès

Né en 1996 le guadeloupéen a développé dès sa jeunesse un swag hors-norme. Haut de ses 2,02m, il est doté d’un charisme déjà très saillant. Par modestie il s’efforce de rester humble et de ne pas voir sa notoriété grandissante comme un atout, surtout auprès du public féminin. Chicos resplendissantes, caractère pétillant, classe éblouissante… « Black Mambo »  comme ses admiratrices le surnomment, créé naturellement la joie de vivre. Le talent qui émane de « Kobe » laisse sans voix. Ahurissant de facilité avec un ballon il écœure ses adversaires à coups de cross-over (qui lui valent évidemment le surnom de “Ankle breaker king”) et autres fadeaway…

Il est aussi doué d’un réalisme incroyable, capable de prendre les bonnes décisions au bon moment pour faire briller ses collègues. L’important pour lui, c’est de ne pas éteindre les autres. Il se met au service du collectif comme un joueur lambda. Ses éclairs de génie en font l’un des joueurs d’avenir les plus importants de sa génération, la dimension de son Basket est inqualifiable. Il réussit tout ce qu’il entreprend, et ce, sur tous les plans. C’est une version robocop de ton basketteur préféré. Le jump de Michaël Jordan, la force d’un LeBron, la tonicité d’un Harden… un basketteur complet au profil polyvalent capable de jouer dans la raquette comme à 3 points.

Droit dans le mur

Mon frère mesure 1m96. A 16 ans c’est le roi du lycée. Il fait partie d’un des meilleurs centre de formation du pays. Pour faire court, une des meilleures écoles de basket. Et qui dit joueur de basket, dit style vestimentaire “on point”. En plus d’être bien sappé et connu pour ses exploits sportifs, ce salaud s’en tire aussi avec une belle gueule et un smile constant accroché à ses joues. Une décontraction qu’il ne surjoue pas. Chez lui la classe est naturelle. C’est l’aîné et la fierté de la famille. On pourrait croire comme ça que le tapis rouge lui est déjà déroulé, mais la vérité c’est que j’ai peur pour lui.

Mon frère est en première mais a le niveau intellectuel d’un collégien. Non pas qu’il soit réellement stupide, mais tout lui tombe tout cru dans la bouche. Je crois que je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi peu autonome. Comme nous habitons à 1h du centre de formation, il y est en pension complète. Du lundi au vendredi, chaque minute de son emploi du temps est prévue et organisée par ses encadrants. Une fois les claquettes/chaussettes enfilées, il n’a plus qu’à poser les pieds sous la table pour petit-déjeuner puis suivre tranquillement le cours sa journée. On attend qu’il devienne une star. Mon père voit en lui une potentielle réussite qu’il n’a jamais connue, et son jugement sur son jeu est affreusement subjectif. Mon père et mon frère sont les marionnettes de cette dictature de l’excellence. Soit tu excelles, soit tu échoues lamentablement et tu n’es rien. Pourvu qu’il excelle.